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Tapie derrière la théorie officielle du réchauffement climatique : la manipulation militaire du climat

septembre 13th, 2010 by election2012amourpaixprosperitee

Beaucoup de gens (naïfs) estiment que les forces pro-NWO n’ont aucun intérêt particulier à promouvoir la théorie officielle du réchauffement climatique anthropique (théorie d’un réchauffement très puissant lié à l’activité humaine)…

C’est méconnaitre leur agenda !

Car derrière la théorie officielle du réchauffement climatique se cache la manipulation du climat, à des fins stratégiques, y compris militaires, mais aussi et surtout à des fins impérialistes : celui ou celle qui contrôlera le climat contrôlera la terre, estiment les élites extrémistes néo-mondialistes.

En soutenant la théorie du réchauffement climatique anthropique, les élites néo-mondialistes et leurs relais scientistes veulent persuader que le Monde court à sa perte, et que sans l’intervention salvatrice des élites scientifiques et affairistes, l’Humanité risque de très graves périls !

Une fois cette PEUR inculquée à très grande échelle dans les esprits, les propagandistes néo-mondialistes peuvent alors apporter des solutions concrètes, qui comme toujours passent entre leurs mains expertes : la technique problème – réaction – solution couplée à la peur est typique de l’idéologie néo-mondialiste, et se rencontre dans la plupart des domaines.

La solution au réchauffement climatique anthropique existe bien évidemment, en tout cas dans les cartons rutilants des élites néo-mondialistes, et porte un nom quasi-magique : la géo-ingénierie.

Réchauffement climatique = Manipulation du climat

La géo-ingénierie consiste à manipuler le climat et la météo, officiellement pour la sécurité des citoyen/nes mais en vérité pour la domination mondiale d’une élite néo-scientiste.

Lorsque vous entendez le terme « réchauffement climatique » dans les grands médias, c’est en réalité les termes « géo-ingénierie » et manipulation du climat qu’il faut entendre !

L’avancement des travaux secrets de géo-ingénierie

La géo-ingénierie est par excellence un domaine de prédilection pour les élites néo-mondialistes scientistes, et ce n’est pas par hasard que les Think Tanks élitistes tels que le CFR insistent sur la nécessité de développer cette science, et de la généraliser au plus tôt.

Par définition, une activité secrète est difficile à cerner dans son étendue et son avancée, mais des informations parviennent à filtrer sur internet grâce aux travail des « Conspirationnistes » qui se sont spécialisés dans la traque des informations censurées :

La géo-ingénierie, souvent rapprochée à juste raison au projet ultra-secret HAARP et aux chemtrails, semble avoir fait de grands pas en avant ces dernières années.

L’Europe, la Russie et la Chine notamment ont toutes des programmes secrets et ont été épinglées par le passé pour des opérations d’épandages à grande échelle.

Mais c’est les Etats-Unis qui semblent avoir le programme le plus avancé en la matière, comme d’ailleurs dans la plupart des matière liées au Nouvel Ordre Mondial.

Un nouveau rapport officiel (mais très peu relaté par la presse alignée, voire pas du tout), vient rappeler la priorité absolue donnée à la Maitrise du Climat (pour la Maitrise du Pouvoir Mondial) : en effet, Les USA envisagent très officiellement 7 techniques différentes de manipulation du climat, et le Congrès a été saisi de ce dossier très récemment, pour tenter d’étudier les effets positifs et négatifs de ces différentes techniques.

Contrairement à ce qu’affirment les forces pro-NWO et les idiots utiles, scientistes ou simples quidams, la théorie officielle du réchauffement climatique anthropique n’est pas une théorie à vocation environnementale, mais bel et bien une théorie à vocation MILITAIRE

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Srebrenica 15 ans après : Instrumentalisation du « Génocide »

septembre 13th, 2010 by election2012amourpaixprosperitee

08429b0fee03d0f4e896737336256406.jpgC’est désormais un rituel, tous les ans, au mois de juillet, on commémore le fameux « massacre de Srebrenica », qui remonte au 11-16 juillet 1995. Selon la version définitivement instituée, « huit mille hommes et jeunes garçons musulmans bosniaques » furent alors exécutés sommairement par les Serbes, « le plus épouvantable massacre de masse commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

Cet événement est mondialement commémoré chaque année par des marches silencieuses – et en Bosnie, par « le cortège éploré des familles des victimes », interviewées pour l’occasion – puis par des débats, des conférences et une pléthore d’articles, de reportages, de déclarations officielles de diplomates et de représentants politiques, rappelant les faits et exprimant leurs regrets concernant la prétendue responsabilité des grandes puissances, de l’ONU et des Casques Bleus hollandais, qui n’auraient rien fait pour empêcher le massacre. Cette année (2010), le président serbe lui-même, Boris Tadic, était présent, affichant le visage contrit de la Nouvelle Serbie (défaite et suppliante). Le président Obama parla d’une « tache sur notre mémoire collective », en violation du « plus jamais ça » promis suite aux atrocités nazies de la Seconde Guerre mondiale, et déclara solennellement : « Il ne peut y avoir de paix durable sans justice »1.

La démarche qui consiste à focaliser chaque année l’attention du public sur cette tragédie-là plutôt qu’une autre mérite toutefois quelques explications. Après tout, on ne connaît pas d’équivalent dans le monde occidental d’une pareille commémoration pour le massacre de plusieurs milliers de Palestiniens à Sabra et Shatila en septembre 1982, bien que ce soit là des civils qui furent massacrés, alors que les musulmans tués à Srebrenica étaient presque exclusivement des hommes en âge de porter les armes et principalement des soldats. De même, à peine un mois après Srebrenica, les forces croates ont envahi la province majoritairement serbe de Krajina, où elles ont massacré des milliers de personnes, dont des centaines de femmes et d’enfants, et où elles ont contraint à l’exode quelques 250 000 Serbes originaires de la région. Cette opération aura été le nettoyage ethnique le plus massif de toutes les guerres des Balkans. Curieusement, non seulement cet épisode ne fait l’objet d’aucune commémoration annuelle, mais il est même célébré en Croatie comme « Fête Nationale de la Victoire ». Les représentants de l’Union Européenne et le président Obama n’en expriment pas pour autant plus de compassion à la mémoire des victimes serbes qu’ils ne s’indignent du cynisme avec lequel les Croates fêtent ostensiblement leur victorieux nettoyage ethnique. Certes, Madeleine Albright condamna bien les expulsions de Krajina devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 10 août 1995, mais elle s’indigna davantage des « 13 000 hommes, femmes et enfants chassés de chez eux » à Srebrenica2. Datée du 15 janvier 2009, une résolution du Parlement Européen institutionnalise désormais officiellement la « journée de commémoration du génocide de Srebrenica » et rappelle « la déportation de milliers de femmes, d’enfants et de vieillards » loin de Srebrenica, mais à aucun moment elle ne condamne la déportation de 250 000 Serbes hors de Krajina ni n’en demande qu’elle soit mondialement commémorée3.

Cette indignation sélective est bien sûr éminemment politique. Les massacres de Sabra et Shatila de même que le nettoyage ethnique de la Krajina ont été perpétrés par des alliés des USA, le second bénéficiant même ouvertement du soutien US – bien qu’Albright l’ait catégoriquement nié devant le Conseil de Sécurité4, instance qui avalise ou rejette toute citation ou commémoration officielle (par l’establishment occidental), et toute demande de justice internationale. Le massacre de Srebrenica était au contraire imputable à un pays qui était dans la ligne de mire des USA et de L’OTAN, il a d’ailleurs été déclenché au moment le plus opportun possible et s’est avéré depuis extrêmement utile. Il a notamment permis de justifier l’intervention militaire des USA et de l’OTAN, et en particulier leur bombardement de la Serbie et du Kosovo demars à juin 1999, puis leur durable occupation militaire du Kosovo. Enfin il a permis de parachever le démantèlement complet de l’ex-Yougoslavie. Le rôle de Srebrenica dans la diabolisation des Serbes a en outre permis de justifier l’interdiction faite aux dirigeants serbes de Bosnie de prendre part aux négociations de paix de Dayton, puis pour finir, en s’appuyant sur le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY : institué et sponsorisé par les pays de l’OTAN), de légitimer l’arrestation, la détention, la mise en examen et enfin l’élimination physique de Milosevic5. Il permettait du même coup d’humilier la Serbie afin de pouvoir la traiter de facto en vaincue, un acte de pure vengeance pour avoir osé résister à la projection des puissances occidentales dans les Balkans après la fin du bloc de l’Est – à l’instar des 18 années d’embargo qui sanctionnèrent la résistance du Vietnam à l’invasion américaine et au maintien d’un régime satellite supplémentaire à l’autre bout du monde. Pour autant, dans l’esprit d’une majorité d’occidentaux médiatiquement décérébrés, Srebrenica montre clairement combien les interventions militaires occidentales peuvent être bénéfiques – si le génocide ne fut pas stoppé net, au moins l’Occident sut-il rendre justice aux méchants pour leurs crimes. La commémoration annuelle du « génocide de Srebrenica » est désormais là pour nous rappeler sempiternellement la dimension humanitaire de cette intervention militaire occidentale.

Bien sûr 8 000 morts ce n’est pas rien, mais 250 000 déportés ce n’est pas rien non plus, pour ne rien dire de la réponse de Madeleine Albright au sujet des 500 000 enfants irakiens qui payèrent de leur vie le régime des « sanctions de destruction massive » mis en place et maintenu plus d’une décennie par les USA : du point de vue des objectifs politiques américains, « ça en vaut la peine ! » avait-elle déclaré [« We think the price is worth it ! »]. Et que dire de ce mémorandum confidentiel de septembre 1994, à l’attention du Secrétaire d’Etat Warren Christopher, cité dans The Politics of Genocide6, et qui indiquait que, selon le HCR, les forces [tutsies] de Kagame massacraient alors au Rwanda quelques 10 000 civils Hutus par mois ? Ce n’est pas rien non plus mais les USA n’en ont pour autant jamais cessé de soutenir Kagame. Les médias et les « interventionnistes humanitaires » n’en ont jamais fait étalage et Kagame n’en est pas moins exclu de la longue liste des dirigeants africains (une quinzaine au total) poursuivis par la Cour Pénale Internationale. Et bien évidemment, il n’y a ni mémorial ni journée commémorative à la mémoire de toutes ces victimes sans intérêt et les Occidentaux n’exigent nullement que justice leur soit rendue, au contraire.

Mais cette sélectivité mise à part, il y a aussi un problème de justesse, concernant ces 8 000 morts de Srebrenica. Pendant toutes les guerres des Balkans c’était un flux interrompu de chiffres gonflés, parfois monstrueusement gonflés concernant l’origine et le nombre des victimes. A partir de 1993, les chiffres improbables mais invérifiables de 2 à 300 000 victimes musulmanes avancés par les musulmans bosniaques, furent instantanément répercutés et institués dans les médias occidentaux sans vérification aucune. Deux études, l’une était commanditée par le TPIY lui-même et l’autre par le gouvernement norvégien, invalidèrent pourtant totalement ces chiffres en convergeant au final sur un total de 100 000 morts pour l’ensemble du conflit bosniaque, tous adversaires confondus, soldats inclus7. Cette révision à la baisse ne filtra que très progressivement dans les médias, lesquels se dispensèrent toujours de s’expliquer ou de s’excuser pour de pareils écarts. De même, au moment de la campagne de bombardements du Kosovo, de mars à juin 1999, le nombre de morts imputés aux forces serbes grimpa jusqu’à 500 000 dans les déclarations de responsables américains. Les dénonciations et l’indignation des chefs de la diplomatie ou des médias occidentaux tenaient littéralement de l’hystérie. En fin de compte, le chiffre officiel retomba à 11 000, mais le cumul total des corps retrouvés et des disparus, militaires inclus, était d’à peine plus de la moitié, soit environ 6 000 morts8. Les médias n’en utilisèrent pas moins 323 fois le terme de « génocide » pour décrire ce qu’avaient alors subi les Albano-Kosovars, tandis qu’ils n’y eurent recours que 80 fois au sujet des sanctions de destruction de masse (qui firent pourtant 200 fois plus de morts) et 17 fois au sujet des victimes des exactions commises en République Démocratique du Congo (lesquelles firent plus de 1 000 fois plus de morts)9. Chiffres gonflés et dénonciation de « génocide » pour les victimes dignes d’intérêt (soit celles des adversaires des USA) ; traitement minoré et éviction de termes tels que génocide pour les victimes indignes d’intérêt (à savoir celles des USA eux-mêmes ou de leurs clients).

L’idée du massacre à Srebrenica de « 8 000 hommes et jeunes garçons » froidement abattus par les Serbes est partie à l’époque d’allégations de la Croix Rouge au sujet du nombre de disparus en juillet-août 1995, alors qu’aucune donnée chiffrée n’était encore disponible10. Miracle de coïncidence et de persistance, aujourd’hui encore c’est toujours ce même chiffre qui sert de référence. En fait, ce total de 8 000 morts est même désormais évoqué comme une possible sous-estimation : la Résolution de l’UE du 15 janvier 2009 par exemple parle de « plus de 8 000 morts » et c’est loin d’être un cas isolé. Rappelons au passage que les premières estimations du nombre de victimes des attentats du 11 septembre à New York, faisaient état de 6 886 morts. Ce chiffre retomba ensuite à 2 749 morts, soit un déclin de 60%. Pour la première guerre des Balkans, le nombre de musulmans bosniaques tués par les Serbes tomba lui de 250 000 en 1992-93 à moins de 100 000 aujourd’hui, soit une diminution de plus de 60%. Pour la seconde, le nombre d’Albano-Kosovars prétendument exterminés par les Serbes au Kosovo au moment des bombardements de 1999, oscillait entre 100 et 250 000 et monta même jusqu’à 500 000 dans les déclarations de certains représentants US. Il retomba ensuite à un chiffre officiel (toujours exagéré) de 11 000, soit une chute de plus de 90%. Mais pour Srebrenica, le total resta toujours invariablement le même. Non qu’il repose sur quoi que ce soit de solide, mais parce qu’il étaye une construction politique si cruciale et indispensable que les représentants de l’establishment n’ont eu de cesse de le rabâcher constamment depuis avec l’assurance des vrais croyants.

Si l’on est arrivé à ce chiffre de 8 000 morts, c’est notamment parce que pour dresser la liste des victimes, on avait à l’époque appelé la population musulmane bosniaque à se présenter avec les noms des personnes disparues. Là encore, toujours par le même miracle, cette liste compte toujours 8 000 noms aujourd’hui. Elle n’a pourtant aucune base scientifique et l’on s’est aperçu depuis que certains hommes de cette liste étaient morts avant juillet 1995. Un certain nombre d’autres ont semble-t-il voté aux élections de 1996 et le nombre total n’a été confirmé par aucune documentation médico-légale. En 2001, après six ans de recherches, le TPIY n’avait localisé que 2 100 corps dans les environs de Srebrenica, dont bien peu avaient été identifiés ou attestés comme ceux de victimes des événements de 199511. Concernant les fosses, d’autres découvertes plus tardives se sont également avérées problématiques. Depuis le début, un problème de base était que les combats ayant opposé les forces serbes au 25e régiment musulman bosniaque (plusieurs milliers d’hommes qui avaient finalement quitté Srebrenica pour se replier sur leurs lignes aux alentours du 11 juillet 1995), avaient été particulièrement rudes. Les responsables serbes comme musulmans estimaient que plus de 2 000 soldats musulmans, voire davantage, avaient été tués dans l’offensive. Ainsi, témoignant au procès de Radislav Krstic, le Général Enver Hadzihasanovic, Chef d’Etat-major des forces musulmanes bosniaques, déclara-t-il pouvoir « affirmer que 2 628 soldats et officiers de la 28e Division avaient été tués » au cours de cette retraite12. D’après une analyse des rapports d’autopsie réunis entre 1995 et 2002 par l’expert médico-légal Ljubisa Simic pour le bureau du procureur du TPIY, pour près de 77% des corps sur lesquels portaient ces rapports, soit il était impossible de déterminer la « manière de mourir » (exécution, combat, autre), soit celle-ci suggérait fortement que la victime avait été tuée au combat13. Mais l’impossibilité de trancher avec certitude en la matière demeurait extrêmement commode car, grâce à la complaisance des médias, du TPYI et des responsables d’investigations musulmans bosniaques, tous les corps pouvaient être considérés comme étant ceux de personnes froidement exécutées.

Que plusieurs centaines d’hommes aient été exécutés dans les parages de Srebrenica en juillet 1995 ne fait aucun doute, car on a retrouvé dans les fosses 443 cadavres aux mains liées et « au moins » 448 avaient les yeux bandés14. Mais il n’existe aucune preuve sérieuse que davantage de musulmans bosniaques aient été exécutés à Srebrenica qu’il n’y eut de civils tués par les forces croates au cours de l’Opération Storm et du mois qui suivit. Il est clair que dans cette bataille les Serbes de Bosnie étaient d’humeur vengeresse car la « zone sécurisée » de Srebrenica était de longue date un sanctuaire des forces musulmanes bosniaques, d’où elles lançaient régulièrement leurs attaques contre les villes et villages serbes des alentours. Un grand nombre d’entre eux avaient fait les frais de ces attaques qui firent en quelques années des milliers de victimes, avant juillet 199515. Nacer Oric, qui commandait les forces musulmanes bosniaques pendant toute cette période se vantait d’ailleurs ouvertement de ces massacres devant les journalistes occidentaux, leur montrant même des vidéos de décapitations et claironnant qu’au cour d’un seul de ces raids, 144 Serbes avaient été tués16. Quelle aubaine cela aurait été pour le TPIY si de pareils aveux et de telles vidéos avaient pu être produits contre Karadzic, Mladic ou Milosevic ! Mais vu qu’ils ne permettaient d’accuser que le défenseur présumé d’une population victime, les crimes d’Oric n’intéressaient personne. Le général Morillon, qui avait commandé les forces de l’ONU dans la région de Srebrenica, avait pourtant témoigné devant le TPIY que selon lui, la brutalité des Serbes dans cette zone de combats s’expliquait largement par la violence dont les musulmans bosniaques d’Oric avait fait preuve avant juillet 1999. Mais cet aspect du contexte n’est évoqué nulle part, ni dans la résolution de l’Union Européenne de janvier 2009, ni dans les discours et analyses relatant le drame de Srebrenica aux commémorations de juillet 2010.

Un autre aspect de l’occultation du contexte apparaît dans la manière dont on s’en est pris au contingent de maintien de la paix déployé par l’ONU à Srebrenica, pour leur incapacité à empêcher le massacre. On les a même traînés en justice aux Pays Bas pour leur prétendue complicité passive avec les forces serbes17. Cette facette de la commémoration annuelle repose sur un empilement de mensonges et de représentations biaisées. La résolution de l’UE de janvier 2009 rappelle deux fois de suite que Srebrenica était une « zone protégée » en vertu d’une disposition du Conseil de Sécurité et que « hommes et jeunes garçons de confession musulmane avaient cherché refuge dans cette enclave sous l’égide » des forces de protection de l’ONU, de sorte que le massacre « demeure un symbole de l’impotence de la communauté internationale ». Ce que la résolution de l’UE prend soin de ne pas rappeler c’est que ladite zone protégée était supposée être une zone démilitarisée mais ne l’était pas le moins du monde. Naser Oric et ses cadres militaires n’avaient jamais été désarmés et de nombreux raids sur les villages serbes environnants avaient été lancés précisément depuis cette « zone protégée ». En outre, il s’avère qu’en juillet 1995, plusieurs milliers de soldats lourdement armés du 25e régiment musulman bosniaque avaient pris position dans la ville. De fait, ici, la résolution de l’UE n’est pas simplement erronée mais délibérément mensongère : premièrement en ce qu’elle passe sous silence la fonction réelle de la « zone protégée » (assurer la protection d’une base militaire pleinement opérationnelle des musulmans bosniaques), mais surtout parce qu’en affirmant que « hommes et jeunes garçons de confession musulmane avaient trouvé refuge » à Srebrenica, elle sous-entend qu’il s’agissait de civils, et non du 25e régiment musulman bosniaque. Mais elle contient d’autres mensonges encore, notamment au sujet du « viol d’un très grand nombre de femmes », une allégation qui n’a jamais reposé sur le plus petit élément de preuve. De sorte qu’en lieu et place de « l’impotence de la communauté internationale », ce qui apparaît c’est bel et bien la complicité de la « communauté internationale » avec Naser Oric, les musulmans bosniaques et leurs stratégies militaires, leur nettoyage ethnique et leurs provocations des forces armées serbes, mais ce qui apparaît aussi parallèlement, c’est le refus des gouvernements occidentaux d’envisager une issue pacifique à ce conflit, refus qui s’exprime dans leur sabotage systématique du traité de Lisbonne de 1992 et de tous les plans de paix élaborés par la suite18.

Le fait qu’un régiment de plusieurs milliers d’hommes lourdement armés se soit trouvé dans Srebrenica et se soit subitement replié littéralement sans dresser aucune ligne de défense face à une force d’à peine 200 hommes, montre à quel point les accusations portées contre les 69 hommes du contingent hollandais de maintien de la paix, équipés d’un armement léger, sont aussi ridicules que malhonnêtes. Pourquoi ne pas tenir plutôt les musulmans bosniaques qui ordonnèrent ce repli pour responsables des morts qu’il eut pour conséquence autour de Srebrenica ? Dans l’esprit de la commémoration, mais surtout des pratiques et de l’idéologie sur lesquelles elle repose19, dès lors que les musulmans bosniaques ne peuvent être présentés que comme des victimes, l’UE et le petit contingent de casques bleus de la « zone protégée » ne sauraient avoir été complices de leurs crimes et pour enfoncer le clou, peuvent bien être suspectés de complicité passive avec les criminels serbes.

Autre mythe du mémorial de Srebrenica, l’idée que la commémoration elle-même et les actions politiques qui y sont associées sont indispensables à une paix durable. Dans la formulation de la résolution de l’UE : « Il ne peut y avoir de paix véritable sans justice ». En d’autres termes, Mladic doit comparaître devant le TPIY, et cette comparution est essentielle pour la « réconciliation », afin que « les civils, de quelque ethnie qu’ils soient, puissent dépasser les tensions du passé ». Et pour les milliers de Serbes tués au cours des raids lancés entre 1992 et juillet 1995 depuis la « zone protégée » de Srebrenica sous égide de l’ONU, ou pour les 250 000 autres expulsés hors de Krajina au cours de l’Opération Storm, ou pour les centaines de milliers de Serbes et de Roms expurgés hors du Kosovo depuis son annexion par l’OTAN et la prise de pouvoir de l’UCK, demandera-t-on justice ? La campagne de bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie (de mars à juin 1999) violait ouvertement la Charte des Nations Unies et recourrait en outre à un armement illégal (bombes à fragmentation, uranium appauvri, etc.) Elle fit des centaines de morts et de mutilés. N’est-il besoin d’aucune poursuite pénale, d’aucune condamnation pour ces crimes-là, au nom de la justice et de la réconciliation ? Une attention démesurée accordée à la commémoration d’une seule catégorie de victimes n’a-t-elle pas plutôt tendance à alimenter le ressentiment et à pérenniser les haines ethniques ? N’est-elle pas propre à servir aux vainqueurs à entretenir ces haines, à frotter de sel les plaies de leurs ennemis et à obtenir de leurs puissants parrains occidentaux toutes sortes d’avantages financiers ou politiques ?

Les commémorations et la résolution de l’UE visent tout sauf la paix et la réconciliation. Elles sont une continuation de la guerre de pacification et des menées de vengeance contre la Serbie, et un moyen supplémentaire d’imposer au monde l’idée que la militarisation de l’OTAN et des USA et leur « guerre permanente contre le terrorisme » incarnent le combat du bien contre le mal.

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Tenter de démêler le vrai du faux, au fil de l’info…

septembre 13th, 2010 by election2012amourpaixprosperitee

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La concentration des médias dominants entre les mains de quelques groupes privés est un réel danger pour la démocratie. Et si certains citoyens commencent à le comprendre, il n’en demeure pas moins que ces médias continuent à faire la pluie et le beau temps, en fonction des intérêts qu’ils poursuivent. Intérêts économiques la plupart du temps, mais intérêt idéologique également, puisque par la pérennité de leur idéologie, les intérêts économiques poursuivis pourront se développer d’autant plus aisément.

Ainsi, ces derniers mois, que ne lit-on, n’entend-on ou ne voit-on dans ces mêmes médias, à propos de la situation au Moyen-Orient !? Entre les menaces – supposées – d’un Iran nucléaire et celles – réelles – d’une déflagration majeure qu’entraînerait son attaque ; le retrait d’Irak de l’armée américaine n’y laissant plus « que » 50.000 hommes malgré la recrudescence des attentats dans un pays qu’ils ont ruiné ; le Pakistan dévasté par les inondations mais secouru par largage de colis humanitaires par ceux-là mêmes qui en poursuivent le bombardement avec leurs drones ; l’accrochage meurtrier à cause d’un arbre à la frontière libanaise, ou encore la polémique suscitée par la reprise des pourparlers directs entre un 1er ministre sioniste allié à une extrême droite profondément raciste et un président palestinien agissant sans mandat… comment s’y retrouver ?

Devant le flot d’informations apparemment contradictoires, ces mises en scène – car, c’est bien de cela dont il s’agit – visent pourtant toutes le même objectif : asseoir et conforter encore et toujours la loi du plus fort, de la pensée dominante et tenter de brimer la voix des peuples bien que majoritaire mais privée de moyens équivalents pour se faire entendre, aux seules fins d’en tirer un maximum de profits.

Ainsi, lorsqu’en l’espace de quelques jours sont exploitées l’image de la jeune Aisha défigurée, celle de Sakineh qui risque la lapidation, ou tout récemment celle d’Ebrahim, jeune homosexuel menacé de pendaison, afin de mobiliser l’opinion publique à l’encontre des régimes politiques qui utilisent de telles méthodes, ne devrait-on pas s’interroger sur l’absence de mobilisation de cette même opinion face aux massacres quotidiens auxquels s’adonnent nos « forces coalisées » dans ces mêmes pays qu’elles prétendent vouloir « libérer » et qui ne font l’objet que d’un entrefilet dans les médias ? Au-delà des drames qu’ils constituent, cette focalisation sur ces cas particuliers, scrupuleusement identifiés, n’est-elle pas une manipulation pour nous donner bonne conscience et nous indiquer ainsi que malgré nos interventions à coup d’armes de destruction massive contre des populations démunies de l’élémentaire – eau, électricité, nourriture, habitat, médicaments, soins – nous n’aurions pas perdu notre sens altruiste – et qui à vrai dire, escamote de la sorte notre mentalité toujours imprégnée d’un esprit colonial ? Nous soucier soudain de ces cas parmi des milliers d’anonymes que nous ignorons la plupart du temps nous dédouanerait-il de nos méfaits et de notre indifférence coutumière !? Nous sauverait-il notre restant d’âme !? La belle affaire ! Et surtout, la magistrale hypocrisie : il est effectivement plus facile de brandir ces cas particuliers et d’ignorer la loi du grand nombre que l’on continue à asservir et massacrer avec nos redoutables technologies… au point d’en rendre impossible par la suite l’exploitation des corps déchiquetés, pulvérisés, méconnaissables en Une de magazines à sensations… Nous voilà de la sorte, parvenus à stigmatiser sans sourciller, la « barbarie » de l’un ou l’autre cas… pour mieux cacher la nôtre qui poursuit ses largages de bombes à fragmentation, au phosphore, à l’uranium appauvri quand ce n’est pas ses mines antipersonnel qui continueront à tuer des innocents une fois que nos « boys » auront plié bagages et rentreront au pays en héros, fiers du « travail accompli ». Se sentir appartenir à cette société-là ne tient plus d’un mauvais rêve, mais d’un vrai cauchemar !

L’autre évènement qui devrait retenir notre attention dans la manipulation de l‘information est la dernière attaque de la résistance palestinienne à l’encontre de quatre colons israéliens dans la région de Hébron, au sud de la Cisjordanie. Comme toujours dans pareil cas, l’information qui nous est relayée en boucle souligne la sauvagerie de l’agression face au chagrin inconsolable de la communauté endeuillée. Nulle part n’entendrez-vous que quelques heures auparavant, une poignée de colons de cette même région de Hébron a mitraillé une dizaine de Palestiniens travaillant dans leurs champs. Après tout, ce fait divers est courant sinon quotidien. Et que sont ces Palestiniens, autrement dit ces Arabes, face aux pieux israéliens établis là pour expier nos crimes et « parce que Dieu leur a donné cette terre » !? Et nulle part non plus, n’est signalé que Hébron est probablement la ville palestinienne où sévissent les colons les plus radicaux que l’on puisse trouver en Palestine – en vérité, de vrais timbrés ! Tous ceux qui se sont rendus dans la région peuvent en témoigner. Comme nulle part non plus n’est rappelé par ces médias tellement consciencieux que TOUTES les colonies ont été déclarées illégales par l’ONU. En revanche, il ne faut pas longtemps pour qu’ils insistent sur le soutien de cette action par les diverses organisations de résistance – traitées, cela va sans dire, de « terroristes » – et dans le même temps, sa condamnation par les autorités officielles… s’abstenant de blâmer la présence de ces colons à cet endroit !

Et à bien lire ces condamnations répétées, que peuvent encore faire les Palestiniens ?

- Ils ne peuvent ni fomenter des attentats kamikazes à cause du risque de tuer des civils – nous seuls y sommes autorisés avec nos armes redoutables… sous prétexte d’apporter la « civilisation » en pays barbares ;

- Ni envoyer des roquettes à l’aveugle, lié au même risque de tuer des civils – nous seuls sommes habilités pour ce genre d’opération et à l’aide de nos drones… nous ne laissons que des « dommages collatéraux » ;

- Ils ne peuvent pas s’opposer au vol de leurs terres par la poursuite de la construction du Mur – qu’une large majorité de pays a bien décrété comme illégale, via la Cour Internationale de Justice de La Haye en 2004… mais dont nous sommes toujours incapables d’ordonner l’arrêt ;

- Il leur est interdit de s’armer pour se défendre d’une occupation que la Communauté internationale reconnaît pourtant comme illégale à travers de multiples Résolutions onusiennes… inappliquées ;

- Sans parler de Gaza, ce laboratoire où ils sont encagés tels des rats, et où l’occupant y expérimente le pire, les obligeant d’ailleurs à creuser des galeries pour survivre sans qu’aucun Etat occidental n’ait le courage de condamner sans la moindre ambiguïté l’entité sioniste pour l’ignominie de ses crimes ;

- Ils peuvent tout au plus défiler pacifiquement, et encore, en évitant le jet du moindre caillou vers l’armée d’occupation… sous peine de finir dans les geôles israéliennes pour quelques années ;

- Et ils sont en outre, priés de garantir la sécurité de l’occupant en traquant tous ceux qui veulent lui résister – ce à quoi s’emploie très bien les représentants de l’autorité palestinienne du président non élu M. Abbas… transformés ainsi en collabos actifs.

Et derrière les blabla d’un processus-de-paix-de-papier, à quoi assiste-t-on ? A rien d’autre que la poursuite quotidienne de la colonisation de la Palestine par l’entité sioniste avec à la clé, un énième round de négociations dont tout le monde sait que les dés sont pipés d’avance. L’âne palestinien Abbas pousse donc son vieux museau vers le bœuf Netanyahu dont il sait ne rien devoir attendre. Pourquoi l’âne, me direz-vous ? Parce qu’il n’y a qu’un âne que l’on fait avancer avec une carotte d’une main, et le bâton US de l’autre ! Et pourquoi le bœuf alors ? Parce que le 1er ministre sioniste me semble en avoir l’attitude grossière. Mais cette fois, ceux-là ne seront pas penchés sur un nouveau-né. Ils ne pourront que constater l’avortement programmé d’un Etat croupion qui ne s’établira jamais sur les quelques parcelles émiettées que lui destine l’occupant obtus du bout de ses naseaux.

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Pour renverser un président

septembre 13th, 2010 by election2012amourpaixprosperitee

paraguay_nexd6ec-029bf.jpgPourvu que soient créées les conditions conduisant à « un coup d’État institutionnel » comme celui qui, au Honduras, a renversé le président Mel Zelaya, les parlementaires du Paraguay semblent totalement prêts à devenir la risée de toute l’Amérique lorsqu’ils s’entêtent à accuser le ministre de la Défense Nationale, Luis Bareiro Spaini, d’être responsable de la disparition de… trois fusils dans les locaux de la caserne du Commando de l’État Major de l’Armée, à Campo Grande !

 

L’accusation et l’éventuel procès politique à venir — lequel doit être approuvé par le Sénat qui, déjà, doit en étudier la demande — ignore royalement quelque chose que les députés devraient tout de même savoir : au Paraguay, le ministre de la Défense ne détient aucune autorité de commandement sur la troupe, de sorte qu’il ne dispose d’aucun moyen pour s’ingérer dans ce qui se passe au sein des casernes ou des détachements militaires. Ce qui peut se passer là est hors de ses attributions. Mais ce petit détail n’a pas dissuadé les conspirateurs qui ont besoin de n’importe quel prétexte pour écarter du président Fernando Lugo l’un de ses plus loyaux collaborateurs et pour, ainsi, ouvrir la porte au processus qui conduira à sa destitution et, dans l’éventualité où l’ex-évêque catholique ferait de la résistance, pour faire appel aux forces armées pour faire exécuter la résolution du Parlement et conclure ainsi leur offensive destituante. En d’autres termes, rééditer la partition écrite par Washington et exécutée avec le succès qu’on connaît à Tegucigalpa et faire avancer d’un pas supplémentaire la normalisation de la situation dans les récalcitrantes régions du sud du Rio Grande.

Malgré les incohérences et les hésitations de la politique appliquée par le Président Lugo, sa présence seule — produit d’une imposante mobilisation populaire jamais vue auparavant comme rejet de l’étouffante situation héritée du stroessnerisme— est une gêne inacceptable pour les plans des États-Unis dans la région. Bien que jusqu’à ce jour Lugo se soit soucié de maintenir de très amicales relations avec la Maison Blanche et qu’il ait enduré l’irritant rôle tenu par l’Ambassade des États-Unis dans les affaires intérieures du Paraguay, un large éventail de l’establishment étatsunien le perçoit avec grande appréhension et le diabolise comme le dangereux bienfaiteur qui, malgré lui, peut devenir le catalyseur de processus politiques beaucoup plus radicaux à l’image de ce qui se passe dans la Bolivie voisine ou, bien plus au Nord, en Équateur. Dans les fiévreuses hallucinations des faucons du Pentagone et de Département d’État, Lugo apparaît comme une espèce de kérensky des tropiques qui, comme son prédécesseur russe, finira par ouvrir la porte à une révolte de la plèbe aux incalculables conséquences et lourde de sérieuses répercussions dans la géopolitique régionale.

Il en est ainsi parce que le Paraguay occupe une situation privilégiée pour fermer, depuis le Sud, le cercle de bases militaires qui entoure le grand bassin amazonien, riche de toutes sortes de ressources énergétiques, en biodiversité, de gisements miniers stratégiques et d’eau douce, surtout d’eau. C’est la raison pour laquelle, en profitant de l’incroyable distraction du Ministère des Affaires Étrangères et du Haut Commandement militaire du Brésil, deux bases ont déjà été installées dans le pays, à Pedro Juan Caballero et à Mariscal Estigarribia. Si le Paraguay regorge de quelque chose c’est d’eau, cet « or bleu », de jour en jour plus rare et qui, selon les experts, occasionnera les principales guerres qui seront déclenchées durant ce siècle. Et pas seulement l’eau qui court en surface, aussi celle qui circule ou gît sous terre, dans l’imposante nappe phréatiquedu Guarani. Si on ajoute à cela les bonnes relations que Lugo entretient avec Chávez, avec Morales et Correa, le rôle de certains projets communs de coopération internationale qui irritent outre mesure l’Empire, par exemple celui de l’ALBA Culturelle ou celui du troc de pétrole contre denrées alimentaires entre PDVSA et le Paraguay, sans parler de sa collaboration avec d’autres gouvernements progressistes de la région et son appui à l’UNASUR, on comprend l’empressement de Washington et des ses pions narcofascistes paraguayens à se défaire au plus vite de sa présence non désirée.

L’éventuel procès politique fait à Bareiro Spaini sera le préambule à la destitution de Lugo. C’est pourquoi il est nécessaire d’unir les forces dans toute l’Amérique Latine pour déjouer les plans putschistes de l’impérialisme et de ses alliés.

Si le processus destituant mis en place au Honduras se répète une fois encore, l’avenir des gouvernements démocratiques et populaires de la région sera très sérieusement menacé. Destituer Lugo même au prix des arguties juridiques, c’est une attaque non seulement contre le peuple du Paraguay qui l’a élu président, mais contre tous les gouvernements de la région dont la solidarité agissante envers le Paraguay est aujourd’hui plus urgente que jamais.

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Comment les agences de notation dictent leur loi à l’Élysée

septembre 13th, 2010 by election2012amourpaixprosperitee

agences_notaf152-121cd.jpgLargement décriées lors de la crise financière, les agences de notation à l’indépendance plus que douteuse, continuent de distiller leurs avis et autres conseils. Chargées d’évaluer la capacité d’emprunt des entreprises ou des États, elles bénéficient d’une audience plus que favorable auprès des politiques, quitte à orienter leurs décisions. Nicolas Sarkozy, sensible aux sirènes de l’argent des plus riches, l’a bien compris. 

À Abu Dhabi, qui est un des pays les plus riches du monde, la durée du travail est de 54 heures par semaine. N’oublions pas que l’âge de la retraite est, dans l’OCDE [1], de 64 ans. Elle va passer à 67 ans en Allemagne. Il faut s’adapter à la situation. (…) Il faut naturellement que nous travaillions un peu plus. » Qui prône ainsi l’allongement drastique de l’âge de départ à la retraite, l’augmentation de la durée de travail hebdomadaire, en louant implicitement le modèle social des Émirats Arabes Unis ? Laurence Parisot ? Éric Woerth ? C’est un certain Marc Ladreit de Lacharrière, répondant aux micros d’Europe 1, le 7 juin 2010, en pleine négociation sur les retraites.

Inconnu du grand public, Marc Ladreit de Lacharrière n’en est pas moins un homme qui compte, bien davantage qu’une cote de popularité dans un sondage. Il préside l’agence de notation Fitch et, accessoirement, possède la 53e fortune française (700 millions d’euros). Il ne se prive pas de distiller ses recommandations désintéressées : « Il faut saluer ce qu’est en train de faire la France. Toutes les mesures prises actuellement vont dans le bon chemin, se réjouit-il, citant « des mesures techniques comme la réduction des dépenses de fonctionnement de l’État français de 10 %. Les investisseurs des pays du Golfe estiment que la France doit procéder à des réformes structurelles si elle souhaite garder son rang dans les années à venir », ajoute-t-il.

Excommunication financière

Les « conseils » des agences de notation se font de plus en plus réguliers. Et ressemblent souvent à des injonctions. Le 9 mars 2010, l’agence Fitch menace le Royaume-Uni, la France et l’Espagne de dégrader leur note s’ils ne prennent pas des mesures « plus crédibles » pour réduire leur déficit. Plus récemment, le 17 août 2010, c’est l’agence de notation Moody’s qui publie un communiqué aux allures d’ultimatum à destination de quatre États, dont la France et l’Allemagne : « Les défis liés aux ajustements budgétaires impliquent que le chemin à parcourir avant un abaissement de la note de ces pays s’est encore réduit » (sic). Moody’s précise cependant que « ce n’est pas une alerte lancée aux gouvernements pour les forcer à réduire leur déficit. » En clair, l’agence menace ces États de leur enlever leur triple A – la meilleure note possible pour emprunter sur les marchés financiers – tout en se défendant de vouloir les forcer à réduire leur déficit. Comprenne qui pourra. Enfin, le 25 août, la troisième grande agence de notation, Standard and Poor’s, dégrade la note de l’Irlande. Une véritable excommunication financière pour l’ancien eldorado fiscal européen.

On croyait les agences de notations mises à l’index après la crise financière. Qu’en est-il de la comparution de trois dirigeants d’agences de notation devant le Sénat américain, début juin, pour répondre aux accusations sur leur responsabilité dans la crise des subprimes ? Que reste-t-il du tollé suscité au printemps par la brusque dégradation de la note de la Grèce, qui plonge le pays dans le chaos ? On lance des appels à la raison, on évoque des codes de bonne conduite. Puis, plus rien. Aucune mesure contraignante n’est à l’ordre du jour. Et pour cause, les trois principales agences de notation mondiales – Fitch Ratings, Standard and Poor’s et Moody’s – émettent depuis Wall Street des opinions « indépendantes » et sont à ce titre protégées par le premier amendement de la constitution américaine, celui qui garantit la liberté d’expression.

Êtes-vous AAA ou système D ?

Au fait, à quoi sert une notation ? Et pourquoi les agences qui les délivrent sont-elles devenues si puissantes ? Entreprises, États et collectivités territoriales émettent des titres (actions et obligations) afin de financer leurs activités. Mais avant de signer un chèque, le prêteur doit s’assurer de la solvabilité de l’emprunteur. « La notation est l’évaluation par une agence spécialisée et indépendante du risque de non paiement en temps et en heure de la totalité du principal et des intérêts relatifs à une obligation financière, explique-t-on chez Fitch. Elle analyse donc à la fois la capacité et la volonté de l’émetteur de remplir ses obligations contractuelles. L’analyse donnant lieu à la notation se fait sur la base d’informations fournies par les émetteurs et d’informations publiques. » La notation ne constitue en aucun cas une recommandation d’acheter ou de vendre, précise l’agence. Les agences ne garantissent pas la fiabilité absolue des notes qu’elles attribuent et ne sont donc pas responsables des éventuelles pertes essuyées par les investisseurs.

La notation distingue trois grandes catégories. Dans la catégorie « investissement » figurent les titres et les émetteurs les plus sûrs. La catégorie « spéculative » concerne ceux qui sont risqués. Enfin, il ne fait pas bon apparaître dans la catégorie « défaut de paiement », qui comprend les entités considérées en faillite. Les notes vont ainsi du triple A au simple D. Être classé en « investissement » ou en « spéculative » est une donnée essentielle pour les emprunteurs. « La ligne de séparation entre ces deux catégories est plus importante que jamais, commente l’économiste Norbert Gaillard [2]. Il est en effet essentiel pour de nombreux émetteurs de se maintenir dans la catégorie investissement. » Cela leur permet de bénéficier de taux bancaires et d’emprunt plus bas. Plus la notation est mauvaise, plus les primes de risque sont élevées (on ne prête qu’aux riches…). Et un certain nombre d’investisseurs n’ont pas le droit d’acquérir de titres inscrits dans la catégorie « spéculative ».

Oligopoles

La notation (rating en anglais) est née au début du 20e siècle. Elle a tellement prospéré que la plupart des établissements de crédit abandonnent aujourd’hui aux agences la faculté d’évaluer les risques de non remboursement. Les agences émettent donc des opinions qui sont rarement croisées avec d’autres. Elles s’appuient sur une armée d’analystes (plus d’un millier pour chaque agence) qui évaluent des dizaines de milliers d’entités publiques et privées. D’autres agences ont bien tenté de se faire une place. La plupart des petites structures ont été rachetées dans les années 1990 et 2000 par les trois gros, Fitch, Moody’s et S&P.

Une nouvelle directive européenne est entrée en vigueur le 7 juin 2010. Désormais, les agences devront démontrer « la manière dont elles respectent les règles de conflits d’intérêts, de séparation d’activité, la façon dont elles distinguent les risques privés et les cotations de risques publiques ». Cette demande de transparence en dit long sur leurs pratiques douteuses et les conflits d’intérêts qui se sont multipliés. Car, depuis les années 1970, les agences sont rémunérées par les émetteurs de titres qu’elles notent. Avant, « les profits des agences résultaient de leurs publications et de la vente de manuels consacrés aux entreprises américaines, précise Norbert Gaillard. Les notes étaient alors attribuées sans le consentement des émetteurs. »

Avec le premier choc pétrolier, la récession américaine provoque de nombreuses faillites d’entreprises. Des sociétés qui n’étaient pas notées rencontrent des difficultés pour se financer sur les marchés de capitaux. Elles sollicitent alors directement les agences pour obtenir une note qui leur permet d’accéder aux marchés de capitaux et de se faire connaître auprès des investisseurs. Ce changement de mode de rémunération permet à Moody’s et Standard and Poor’s d’accroître de façon spectaculaire leurs bénéfices.

Résultat : plus les entreprises et les États émettent de titres sur les marchés, plus les agences de notation prospèrent. « On estime aujourd’hui que 90 % des revenus des agences proviennent des commissions facturées aux émetteurs de dette », observe Patrick Jolivet, responsable de la recherche chez BMJ Ratings, une agence de notation sociale et environnementale. Selon lui, avant la crise des subprimes, près de 50 % du revenu des agences provenait de produits financiers qu’elles avaient, elles-mêmes, contribué par leurs conseils à élaborer…

Fiabilité douteuse

Dans ce contexte, quelle fiabilité peut-on attendre de leurs notations ? Ces agences n’avaient pas su prévoir la crise de 1929 et son évolution au cours des années trente. En 2001, Standard & Poor’s et Moody’s note la société Enron en catégorie « investissement », la meilleure. Quatre jours plus tard, la société déclare une faillite retentissante ! En 2008, la banque d’investissement multinationale Lehman Brothers est notée « A » la veille de son effondrement…

En juin 2010, plusieurs anciens salariés de Moody’s déclarent avoir subi des pressions pour attribuer des notes favorables à des produits financiers risqués afin d’assurer la signature de contrats. Dans des témoignages écrits rendus publics par la commission d’enquête du Congrès américain sur la crise financière (FCIC), des anciens cadres de Moody’s décrivent une atmosphère de travail où règnent l’intimidation et la crainte. Le président de la commission d’enquête du Congrès, Phil Nicholas Angelides, déclare lors des auditions que Moody’s était devenue « une usine à triple A ».

Détenir un triple A permet ainsi à l’État français, à l’heure du grand emprunt lancé par Nicolas Sarkozy fin 2009, d’attirer les investisseurs. D’où la grande sensibilité – voire la dépendance – de l’Élysée vis-à-vis des trois agences. Ce choix comporte un autre effet pervers. Faire financer sa politique via les marchés signifie emprunter de l’argent aux plus riches, clients des agences de notation, au lieu de percevoir des impôts sur leurs revenus. Puis de mettre à contribution tous les citoyens qui s’acquittent de la TVA et de la contribution sociale généralisée (CSG) pour rembourser aux plus fortunés le capital prêté et ses intérêts.

« Les États ne sont pas des entreprises, ils ont la charge de l’intérêt général et doivent financer les investissements publics, il est vain de courir derrière les attentes des marchés qui feront monter les enchères, ils doivent s’en soustraire et pouvoir recourir directement aux avances des Banques Centrales », regrette, fin août, le député UMP des Yvelines Jacques Myard, pour une fois plutôt bien inspiré.

Management privé à l’Élysée

« De la même façon que les managers de l’entreprise ont été placés sous la surveillance des actionnaires, dans le cadre de la corporate gouvernance à dominante financière, les dirigeants des États ont été mis sous contrôle de la communauté financière internationale, d’organismes d’expertise, d’agences de notation », estiment le philosophe Pierre Dardot et le sociologue Christian Laval [3]. Avec la corporate gouvernance, les États perdent leur souveraineté – et ce sur quoi elle se base (élections, Histoire, choix politiques…) – au profit d’instances supranationales et privées qui déterminent les objectifs et les moyens de la politique à mener. Les fameuses « mesures techniques » que prônent Marc Ladreit de Lacharrière…

Cette cogouvernance privée/publique de la politique économique conduit à l’élaboration de dispositifs, notamment fiscaux, systématiquement favorables aux grands groupes oligopolistiques, censés être plus efficaces en matière de « bonne gouvernance ». Elle permet au gouvernement d’imposer à l’opinion publique des mesures visant à transférer au secteur privé des pans entiers du secteur public (après les grandes entreprises publiques, des secteurs comme la santé ou l’éducation), à diminuer le nombre de fonctionnaires ou à baisser leur rémunération, toujours sous prétexte de « bonne gouvernance ».

Hauts fonctionnaires reconvertis en cost-killers

Un petit aperçu de ce copartage du travail entre la haute administration française et les acteurs privés de la gouvernance nous a été donné cet été. Peu de temps après le communiqué de Moody’s du 17 août, Nicolas Sarkozy reçoit au fort de Brégançon, François Fillon, Christine Lagarde et le ministre du Budget, François Baroin. Si la presse commente largement les coupes dans les niches fiscales et sociales, d’autres objectifs de réduction des dépenses publiques sont fixés par l’Élysée.

Les dépenses d’assurance maladie devront continuer de décroître d’environ 3% par an jusqu’en 2012. Comme si hauts fonctionnaires et cost-killers pouvaient prévoir l’état de santé de la population. Les dépenses de fonctionnement et d’intervention de l’État baisseront de 10% d’ici à 2013. Le programme de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite sera poursuivi. Et avant même la rencontre dans le Var, Nicolas Sarkozy avait exclu de revenir sur l’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Toutes ces mesures « techniques » combleront d’aise Marc Ladreit de Lacharrière, ses collègues des autres agences de notation et les riches clients pour lesquels ils travaillent.

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