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Coups, menaces et purge à la chaine sioniste Al Jazeera - Bruxelles

avril 21st, 2012 by election2012amourpaixprosperitee

 COMMUNIQUE DE PRESSE. Selon des sources dignes de confiance, un responsable d’Al Jazeera en poste à Bruxelles a tabassé, licencié et menacé un reporter qui a voulu déjouer une manipulation médiatique fabriquée par Al Jazeera à propos de la Syrie.

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Selon des sources dignes de confiance, un responsable d’Al Jazeera en poste à Bruxelles a tabassé, licencié et menacé un reporter qui a voulu déjouer une manipulation médiatique fabriquée par Al Jazeera à propos de la Syrie.

La victime (dont nous tairons pour l’instant le nom pour des raisons de sécurité) a subi ces mauvais traitements dans les locaux de la rédaction bruxelloise de la chaîne qatarie sous les yeux d’une secrétaire de l’agence d’information. La victime a également subi des menaces et des pressions pour ne pas ébruiter l’affaire.

Cet événement grave confirme ce que nous disions à propos d’Al Jazeera : depuis le début du “printemps arabe”, la chaîne panislamiste est devenue l’instrument de propagande antisyrien contrôlé par cette dictature monarchique, théocratique, esclavagiste, pro-occidentale et complice d’Israël qu’est l’émirat du Qatar.

On se rappellera qu’en avril dernier, Ghassan Ben Jeddo avait démissionné de la chaîne en raison des mensonges qu’elle diffusait notamment à propos de la Syrie. Par ailleurs, en septembre dernier, le très controversé directeur général de la chaîne, M. Wadah Khanfar, a été remplacé par l’émir du Qatar en personne, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, tandis que le cheikh Youssef Al Qaradawi connu pour son intégrisme en est devenu le mentor.

Ces remaniements semblent liés à la nouvelle ligne rédactionnelle d’Al Jazeera désormais alignée sur la politique étrangère américaine dans la région. La chaîne qatarie, avec son armée de propagandistes, et l’Etat qatari, avec ses 5.000 commandos, ont activement participé à la destruction de la Libye souveraine. A présent, c’est la Syrie qui est dans leur ligne de mire.

Tout ceci confirme les soupçons exprimés dès le départ par notre Collectif Investig’Action (www.michelcollon.info) : les événements de Syrie subissent une mise en scène manipulatrice, bien démontrée par Bahar Kimyongür dans son livre Syriana, la conquête continue qui vient de paraître aux éditions Investig’action et Couleur Livres. Notre position sur la Syrie a été peu comprise dans un premier temps. Mais les événements démontrent de plus en plus l’ampleur des médiamensonges fabriqués contre ce pays. Il est donc de la responsabilité de chacun de vérifier ces médiamensonges qui risquent d’avoir des conséquences très graves sur le terrain.

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Lettre ouverte au journal Le Soir

avril 21st, 2012 by election2012amourpaixprosperitee

 Je voudrais vous poser trois questions : 1. Selon quels critères peut-on ou non comparer quelqu’un à Goebbels ? 2. Pourquoi les médias parlent-ils beaucoup de l’antisémitisme et du « danger islamiste », mais guère de l’islamophobie ? 3. Vous dénigrez les sites d’info alternative : accepteriez -vous un débat public afin que les gens puissent comparer les infos sur les guerres dites « humanitaires » ?

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Messieurs les rédacteur et rédacteur en chef adjoint du Soir,

Ce mercredi 18 avril, vous titrez à la une « Islam : le débat s’enflamme ». Suivent deux pages consacrées au « tollé » provoqué par Philippe Moureaux, bourgmestre PS de Molenbeek qui a jugé manipulatoire l’émission de la RTBF « Faut-il avoir peur de l’islam ? », en ajoutant : « Le père de la désinformation, c’était Goebbels ».

Cette référence indigne votre éditorialiste Jurek Kuczkiewicz : « La comparaison aux méthodes nazies constitue la condamnation ultime. Rien (…) ne pouvait permettre à M. Moureaux, (…) d’utiliser une comparaison dont l’historien qu’il est connaît parfaitement le caractère abusif et injustement infamant. »

On reviendra sur cette émission et sur la question de l’islam. Mais d’abord, Messieurs, comment jugez-vous ce journaliste qui récemment se référait lui aussi à Goebbels : « Le « souverainisme » des anti-impérialistes borgnes (N.B Il vise ceux qui s’opposent aux guerres dites humanitaires des USA) tourne le dos à des siècles de lutte progressiste. Il insulte le droit humanitaire international. (…) « Charbonnier est maître chez soi », s’était exclamé le chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels, en 1933 lors d’une séance à la Société des Nations, alors qu’il était interpellé sur le traitement brutal imposé aux Juifs allemands. Les « anti-impérialistes borgnes », qui se sont toujours considérés comme les ennemis jurés du fascisme et du national-nationalisme, seront sans doute choqués par cette phrase, mais celle-ci rappelle crûment que le souverainisme, conçu comme un bras d’honneur lancé à la communauté internationale, est « le dernier refuge des vauriens » et l’une des manifestations les plus brutales de la pensée réactionnaire. ». Fin de citation.

Vous vous souvenez qui a publié cette comparaison qui est, je vous cite, « abusive » et « infamante » ? C’est… votre journal Le Soir ce 28 février sous la plume de votre chroniqueur Jean-Paul Marthoz. Les personnes visées ne sont pas citées (pour éviter un droit de réponse ?), mais tout le monde aura reconnu qu’il s’agit de Jean Bricmont, auteur de L’impérialisme humanitaire, de Bahar Kimyongür, auteur de Syriana et de moi-même, auteur de Libye, Otan et médiamensonges et animateur du site d’info indépendante Investig’Action – michelcollon.info.

D’où ma question : quand, selon vous, a-t-on le droit de comparer quelqu’un à Goebbels ? Quels sont vos critères ? Avez-vous bien fait de publier cette chronique insultante de votre journaliste ?

Vous direz peut-être : « Oui, mais vous soutenez les dictateurs de Kadhafi et de Bachar el Assad ! » C’est en effet ce que Marthoz prétend dans son texte : « Leur invocation de la « souveraineté nationale » n’est que le paravent de leur proximité idéologique avec un régime assassin. Quand on est accusé d’indifférence face aux tueries, il est moralement plus confortable et intellectuellement plus élégant, en effet, de se réclamer de l’anti-impérialisme que d’avouer sa tolérance ou sa fascination pour le totalitarisme. »

Je vous suggère de relire attentivement ce texte véritablement ordurier… C’est rempli d’insultes, mais il n’y a aucun fait, aucune preuve. Et Marthoz prend bien soin de ne fournir aucune citation pour confirmer son accusation. Et pour cause, il n’en trouverait pas puisque les « accusés » ont écrit exactement l’inverse ! « Proximité avec un régime assassin » ? Au contraire : dans son livre Syriana, Bahar Kimyongür dénonce : « la brutalité du régime de Damas contre les acteurs du printemps syrien » (p. 149). Et dans ma préface à ce livre, j’écris : « Critiquer le système syrien, son opacité, sa corruption et sa brutalité, oui. » (p. 17)

« Indifférence face aux tueries » ? Mais Bahar Kimyongur écrit à maintes reprises exactement le contraire : « Nul ne peut rester indifférent devant les images effroyables qui nous viennent de Homs. Nul ne peut rester de marbre devant la souffrance de ces familles terrées dans leurs caves, sans pain, sans eau et sans espoir. » (article Siège de Homs : à qui la faute, sur notre site). Truquer ainsi les positions, n’est-ce pas du travail de faussaire ?

Faisons le bilan de cet article que vous avez publié : pas de citation correcte, pas de sources, pas de confrontation des points de vue et une déformation systématique de la position réelle en vue de nuire : dans n’importe quelle école de journalisme, votre journaliste serait recalé, non ?

En fait, ce que Marthoz et votre journal veulent cacher au public, c’est que dénoncer une dictature est une chose, appeler à une invasion militaire US en est une autre.

Nous critiquons cette dictature, mais disons que faire la guerre et jeter des bombes pour imposer un changement de régime est une fausse solution. Cela ne fait qu’aggraver les problèmes et en réalité cela cache d’autres intérêts (garder le contrôle du Moyen-Orient, renforcer Israël et préparer une attaque contre l’Iran). Je reconnais que notre position est très minoritaire en Europe (à cause des médias, selon moi), mais elle est majoritaire dans le reste du monde. Alors, pourquoi refusez-vous le débat ?

Trouvez-vous si merveilleuses les « solutions » apportées par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan au point qu’il faille les recommencer en Libye, en Syrie, en Iran, en Côte d’Ivoire, et bientôt dans d’autres pays qui sont également dans le collimateur de Washington ? Nous, citoyens européens, devons-nous financer ces guerres à répétition, menées sans aucun débat politique et en cachant les infos essentielles aux citoyens ? Vous n’avez rien retenu du médiamensonge des « armes de destruction massive en Irak » ? Vous allez nous refaire le même coup à chaque guerre « humanitaire » ?

Et là, j’en viens à la question essentielle : les gens sont-ils bien informés ? Comprennent-ils les vrais objectifs des guerres ? Sont-ils mis au courant des campagnes de désinformation qui visent à les manipuler en utilisant de gros moyens financiers et techniques ?

Bien sûr, comme les intérêts en jeu sont énormes et que chaque partie au conflit tente de manipuler l’info, le travail des journalistes n’est pas simple. Qui d’entre nous ne s’est jamais trompé, qui ne s’est jamais fait avoir ? Justement, n’est-ce pas une raison pour oser le débat et confronter largement toutes les informations et analyses ?

Or, depuis des années, votre journal censure systématiquement le travail d’info alternative réalisé sur les guerres dites « humanitaires » des Etats-Unis ou de la France. Que ce soit par notre site michelcollon.info, ou d’autres sites indépendants comme Le Grand Soir, Global Research, Znet, Counterpunch, etc. Et vous censurez aussi les analyses d’auteurs comme Noam Chomsky, Samir Amin ou Anne Morelli qui exposent les véritables objectifs économiques ou stratégiques de ces guerres, ainsi que les mécanismes de désinformation.

Pourquoi cachez-vous tout cela à vos lecteurs ? Vous ne les jugez pas mûrs pour confronter les deux versions et se faire eux-mêmes leur jugement ?

Alors, je vais vous faire une proposition… D’un côté, vous prétendez que nous défendons la théorie du complot, adorons des dictateurs et ne respectons pas certaines règles de base du journalisme. De l’autre côté, nous pensons que vous recopiez en gros les thèses officielles de nos gouvernements et que vous vous appuyez sur des sources beaucoup trop limitées, et parfois carrément suspectes, donc que vous ne respectez pas certaines règles de base du journalisme.

L’un des deux n’a pas raison. Et si on laissait le public en décider ? Je vous propose d’organiser un débat public sur cette question. Avec, mettons, deux ou trois journalistes pour votre position, et de l’autre côté, deux ou trois personnes pour notre position. Où vous voulez, quand vous voulez afin de toucher un maximum de gens.

Ce débat porterait donc sur la couverture médiatique des guerres. Et aussi, je propose, sur les médias face à l’islam. Je pense qu’ils parlent beaucoup du racisme envers les juifs, mais très peu du racisme envers les musulmans. Il me semble qu’ils contribuent - volontairement ou involontairement – à donner une image faussée des « quartiers à problèmes » ou des banlieues françaises, vues comme un problème de sécurité et pas comme un problème d’injustice économique. Il me semble encore que l’évolution de la jeunesse musulmane vivant dans notre pays est influencée aussi par l’attitude de la presse concernant Israël, l’Irak et la politique générale des USA.

Pourquoi ? Parce que la confrontation des points de vue est insuffisante, parce que ceux qui résistent aux prétentions impériales des USA sont vite diabolisés en « radicaux », voire en « terroristes potentiels ».

Quant à cette émission controversée de la RTBF, il faudrait mener un débat serein tant sur son contenu que sur ses méthodes journalistiques et sur les réactions qu’elle a suscitées. Oui, je pense aussi que les médias ne traitent pas les musulmans sur pied d’égalité. Dans votre même édition du Soir du 18 avril, je lis qu’un chirurgien de l’hôpital bruxellois UZ a été licencié. Il aurait crié Sieg Heil et Retourne dans les chambres à gaz à un jeune stagiaire de confession juive. Il aurait aussi déclaré préférer ne pas opérer de patients musulmans. Les deux sont scandaleux. Mais comment titrez-vous cet article ? « Un chirurgien viré pour antisémitisme ». Les racismes n’ont pas tous le même poids ?

Oui, je trouve aussi que les médias, surtout certains, diabolisent les musulmans. Par exemple, la couverture des affaires Breivik et Merah a obéi à des critères « deux poids, deux mesures ». L’un a été présenté comme un islamiste radical. L’autre comme un fou isolé (on n’a pas parlé d’un « chrétien radical »). On a mis en avant le meurtre odieux de trois enfants juifs. Mais on n’a guère souligné que Breivik avait tué 77 jeunes parce qu’ils étaient rassemblés en soutien aux Palestiniens opprimés par Israël ? N’a-t-il pas été influencé par les campagnes pro-Israël de quasiment tous nos médias ? N’a-t-il pas été influencé également par toute cette information sur l’immigration « excessive », ces musulmans qui « refusent de s’intégrer », ces femmes qui prétendent avoir le droit de porter le voile, etc ? Dirigeants politiques et médias n’ont-ils aucune responsabilité dans ces idées haineuses qui se répandent de façon alarmante de tous côtés ?

Il y a quelques semaines, un imam chiite a été assassiné dans une mosquée d’Anderlecht ; a-t-on oublié que le criminel entendait « punir les chiites coupables de massacres en Syrie » ? Où a-t-il été pêcher ce délire, sinon dans les médiamensonges d’Al Jazeera et Al Arabiya, largement relayés en Europe ?

Mais ce n’est pas tout. N’y a-t-il pas une contradiction à dénoncer, d’une part, le fanatisme qui s’abrite derrière une déformation de la religion islamique, mais à se taire d’autre part, sur l’Arabie saoudite qui répand à coup de millions ce même fanatisme en Europe et en Belgique ?

N’y a-t-il pas une contradiction quant les puissances de l’Otan s’allient avec cette même Arabie saoudite, théocratique et esclavagiste pour établir « la démocratie » en Libye, en Syrie et un peu partout sauf en Arabie saoudite ?

N’y a-t-il pas une contradiction à s’indigner contre le terrorisme, mais à fermer les yeux sur les groupes terroristes que cette même Arabie saoudite finance et organise en Syrie et dans d’autres pays musulmans ? Peut-on penser que ce « bon terrorisme » n’aura jamais de retombées en Europe ?

Pour ma part, je pense que la question du vivre ensemble en Belgique est étroitement liée à la façon dont les uns et les autres vivent le conflit israélo – palestinien et les guerres des Etats-Unis ou de la France dans le monde musulman. Les musulmans que je rencontre se sentent dévalorisés, traités comme des sous-citoyens, non crédibles lorsqu’ils parlent de la Palestine, de l’Egypte ou de l’Irak, n’ayant pas voix au débat sur la politique mondiale. Pourtant, il s’agit d’un débat vital. Que doit-on faire avec les pétro-dollars : enrichir Exxon, Total et quelques cheikhs parasitaires ou bien sortir l’ensemble du monde arabe de la pauvreté ?

Voilà mes propositions pour ce débat. Peut-être, en aurez-vous d’autres ? J’attends votre réponse et je m’engage, quoi qu’il en soit, à la communiquer à tous nos lecteurs. J’espère que vous ferez de même.

Et j’espère que vous accepterez ce débat public. Nos concitoyens ont droit à la meilleure information possible.

Merci d’avance

Michel Collon

Références d’un côté :

Bahar Kimyongür, Syriana, La conquête continue, Investig’Action, 2001, 9 euros

http://www.michelcollon.info/spip.p…;;ref=SYR&id_rubrique_thelia=

Les nombreux articles de Bahara Kimyongûr sur la Syrie et les miens sur la Libye se trouvent sur michelcollon.info

Références de l’autre côté :

Pour ma part, je recommande à mes lecteurs de lire vos textes en direct et en entier.

Voici le lien vers le texte de votre journaliste Jean-Paul Marthoz :

http://blog.lesoir.be/lalibertesino…

Voici le lien vers votre édito du 18 avril :

http://www.lesoir.be/debats/editos/…

Le reste du dossier sur Philippe Moureaux et le débat Islam se trouve pages 2 et 3 de l’édition du Soir du 18 avril

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Anders Behring Breivik, un pur produit de l’Axe de l’Islamophobie !!!!!

avril 21st, 2012 by election2012amourpaixprosperitee

 Anders Behring Breivik, un pur produit de l’Axe de l’Islamophobie

Par Max Blumenthal

Lorsqu’en décembre dernier j’ai écrit une analyse sur l’”Axe de l’Islamophobie” (1) dans laquelle j’expose un nouveau réseau politique international d’ulta-sionistes de droite, de chrétiens évangéliques, de militants du Tea Party et de hooligans racistes du football britannique, je ne prévoyais pas qu’un terroriste comme Anders Behring Breivik sortirait des rangs du mouvement. En même temps, je n’en suis pas surpris. La rhétorique des personnalités qui ont inspiré Breivik, de Pam Geller à Robert Spencer à Daniel Pipes, était de nature tellement “éliminationniste” que ce n’était peut-être qu’une question de temps avant que quelqu’un mette les paroles en action.

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Le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Ghar Stor rend visite au camp de la jeunesse travailliste à Utoya, la veille de la tuerie de Breivik, où il a été acclamé pour son appel déterminé aux droits palestiniens.

Aussi horribles que soient les actes de Breivik, il ne peut pas en être exonéré sous le prétexte de la “folie”. Ses écrits contiennent les mêmes thèmes et le même langage que ceux des islamophobes les plus en vue (ou de ceux qui se qualifient eux-mêmes de “contre-jihadistes”) et de beaucoup de conservateurs en général. Qui plus est, Breivik s’exprime bien et il est suffisamment cohérent pour offrir un aperçu clair de ses motivations idéologiques. Ali Abunimah (en français, Info-Palestine, ndt) et Alex Kane (en anglais, Mondoweiss) ont posté d’excellents résumés des écrits de Breivik, dont on trouve ici une traduction intégrale en anglais.

D’un point de vue tactique, Breivik n’est pas “loup solitaire” terroriste. Il semble plutôt opérer selon un modèle de résistance sans leader, tout comme les terroristes chrétiens anti-avortement Scott Roeder et Eric Rudolph.

Waagner et Rudolph ont regroupé l’Armée de Dieu, un groupe nébuleux qui n’est connu que par son site en ligne et les pamphlets que ses membres distribuent aux aires de repos des camions et dans des réunions privées. S’il reçoit du soutien matériel ou tactique, c’est spontanément. L’essentiel des encouragements dont il jouit vient de gens qui partagent ses idées et d’organisations comme “Operation Rescue”, mais il accepte rarement l’aide directe. Breivik, qui est sorti du Parti du Progrès norvégien anti-immigration (qui a noué des liens avec le Tea Party d’Amérique) et qui a dérivé vers la sphère extrémiste de la Ligue de Défense anglo-norvégienne, mais qui semble agir sans soutien organisé formel, reflète le même style de résistance sans leader que les terroristes anti-avortement d’Amérique.

Alors qu’à bien des égards Breivik partage des similitudes fondamentales avec d’autres terroristes de la droite antigouvernementale, il est le produit d’un mouvement relativement nouveau, de plus en plus dangereux et mal compris. Je l’ai décrit en détail dans mon article “Axe de l’islamophobie”, notant sa projection simultanée de thèmes antisémites sur les immigrants musulmans et l’attrait d’Israël comme le Fort Apache en première ligne dans la guerre contre le terrorisme, et qui fait barrage contre les hordes barbares orientales. Les écrits de Breivik incarnent cette fusion nouvelle semble-t-il, en particulier dans son obsession du “Marxisme culturel” (un concept d’extrême-droite à la popularité croissante qui positionne l’Ecole de Francfort comme étant à l’origine du multiculturalisme), combinée avec son appel “à influencer d’autres conservateurs culturels pour qu’ils rejoignent notre ligne pro-Israël.

Breivik et les autres membres de la nouvelle extrême-droite d’Europe font une fixation sur la peur du “Jihad démographique”, ou être débordés par des immigrés musulmans trop féconds. Ils se voient comme des Croisés engagés dans une guerre sainte raciale/religieuse pour protéger la civilisation occidentale. Ils trouvent ainsi leur inspiration en Israël, la seule ethnocratie du monde, un pays qui fonde sa politique envers les Palestiniens sur ce que ses dirigeants appellent “des considérations démographiques”. C’est pourquoi les drapeaux israéliens flottent invariablement au-dessus des cliques masquées de noir de la Ligue de Défense anglaise, et pourquoi Geert Wilders, l’homme politique en vue le plus islamophobe au monde, va régulièrement en Israël pour exiger le transfert forcé des Palestiniens.

A en juger par les écrits de Breivik, sa haine hystérique de la politique d’immigration du Parti travailliste et de sa tolérance vis-à-vis des immigrés musulmans l’ont conduit à cibler le camp d’été organisé par le gouvernement à Utoya. Depuis des années, l’extrême-droite a stigmatisé la Norvège comme étant un foyer particulier de sentiment pro-Islam, pro-palestinien, en grande partie grâce à son Parti travailliste au pouvoir. En 2010 par exemple, la Ligue de Défense anglaise a traité la Norvège de futur site de “Islamohell” (enfer islamique, ndt), “où un conformisme politique pur et simple tient le perchoir, avec ses griffes acérés, depuis des décennies.” Hier, lorsque l’éditorial du Wall Street Journal s’est précipité pour accuser des terroristes musulmans pour ce qui s’est avéré être la tuerie de Breivik, il a fustigé le gouvernement norvégien pour avoir retiré ses troupes d’Afghanistan et avoir exigé qu’Israël mette fin à son siège de Gaza. Pour sa part, Breivik a qualifié le Parti travailliste de “traîtres“.

Il n’y a pas de preuve claire que le soutien de Breivik à la droite israélienne ait joué un rôle dans son massacre. De même qu’il semble n’avoir aucun lien avec le gouvernement israélien. Cependant, il est intéressant de noter qu’en novembre 2010, le gouvernement israélien a rejoint la droite en accusant le gouvernement norvégien d’”incitation anti-Israël” pour avoir financé un voyage d’étudiants à New-York pour voir la pièce “Monologues de Gaza“.

Puis, la veille de l’attaque terroriste de Breivik, qu’il avait planifiée longtemps à l’avance, le ministre norvégien des Affaires étrangères, Jonas Gahr Stor a rendu visite au camp des jeunes travaillistes à Utoya. Là, il a été accueilli par des demandes de soutien au mouvement BDS et à la candidature pour un Etat de l’Autorité palestinienne. “Les Palestiniens doivent avoir leur propre Etat, l’occupation doit finir, le mur doit être démoli, et cela doit arriver maintenant,” a déclaré le ministre des Affaires étrangères, acclamé par le public.

Les écrits de Breivik offrent bien plus qu’une fenêtre sur les motivations qui l’ont conduit au terrorisme. On peut aussi les lire comme l’incarnation de la mentalité d’un mouvement d’extrême-droite nouveau et internationalisé qui non seulement mobilise sur la haine contre les Musulmans, mais peut aussi produire des personnalités qui tueront des non-musulmans pour “sauver le mode de vie occidental“.

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